CBGB a finalement fermé ce dimanche 15 octobre, avec Patti Smith en tête d'affiche pour célébrer la fin d'une ère (révolue depuis longtemps) dans l'East Village. La foule se bousculait comme elle ne l'avait plus fait depuis longtemps sur le trottoir de Bowery, jusque sur la seconde rue.
Le club, qui a lancé les Ramones et Blondie, est victime comme tant d'autres de la yuppification du quartier dont les vieux résidents sont progressivement expulsés par la prolifération des hôtels de luxe, des boutiques "exclusives" et de nouveaux immeubles aux penthouses et aux prix stratosphériques. Les ennuis du fondateur de CBGB ont - ironiquement - commencé par une querelle de loyers avec un propriétaire avançant son souci de préserver les logements pour les plus démunis aux étages.
Signe des temps: il est question de rouvrir une version du club... à Las Vegas. Réponse post-punk à la disneyfication de New York, ou réalisme d'un homme d'affaire dont la clientèle "historique" avait déserté les lieux mythiques, jusqu'à ce bref et prévisible effet de nostalgie?
" The great read in the park" a envahi dimanche les pelouses de Bryant Park, à côté de l'imposante bibliothèque publique de New-York.
En fait de "grande lecture", ce fut plutôt une petite foire aux livres sélectionnés par les principaux mécènes, le New York Times et Target.
Une centaine d'auteurs venus lire, débattre, signer: les lecteurs, parfois très jeunes avec des animations spéciales pour les enfants, étaient à la fête. James Ellroy était là pour le "Dahlia noir" récemment porté à l'écran. Frank Rich, le chroniqueur du NYT, présentait son dernier recueil sur "la chute et le déclin de la vérité, de 9/11 à Katrina". Eve Ensler (photo), l'auteur des "Monologues du Vagin", illustrait le propos de "Insecure at last", son dernier essai qui invite ses compatriotes à refuser d'être gouvernés par la peur. Vedettes et favoris des New-Yorkais étaient au rendez-vous: de quoi séduire le public, avec une atmosphère qui passait du meeting politique à la démonstration de hip-hop... Et comment bouder ce qui peut faire lire, même si on souhaiterait un peu plus d'originalité ou d'improvisation?
La dixième édition du "Dumbo Art Under The Bridge Festival" a confirmé que le festival reste un événement à l'image du quartier.
Artistes et amateurs y croisent désormais une foule de badauds en quête de distractions du week-end. Le meilleur (rare) côtoye sinon le pire, du moins le "déjà vu all over again" dans le studios ouverts au public et dans le parc et les rues où les "animations" rivalisent d'inocuité: fabrication de cerfs-volants, limousine pour tous avec "Limo/Lame-O".
Le festival est aussi l'occasion pour le comité local DNA (Dumbo Neighboorhood Association) de plaider la cause de la classification de Dumbo comme "district historique", aidé par le film de la comédienne Julia Ryan, "Dumbo then and now"... paradoxalement montré dans un studio logé au sixième étage d'un immeuble rénové aux allures de mausolée.
Cela devait être un rêve; c'est un cauchemar. "Mycenaean", la création de Carl Hancock Rux présentée à la Brooklyn Academy of Music, est un long naufrage. On s'y noie, entre les discours pédagogiques sur la théorie du rêve, les références à la mort d'Hippolyte ("Ray-cine", le DJ qui revient de Paris incarné sur scène par l'auteur lui-même, évoque l'écrivain dont la dernière scène de Phèdre a inspiré Carl Hancock Rux) et enfin l'évocation poétique d'une cité imaginaire américaine, baptisée Fulcrum, dont les habitants sont hantés par les mythes grecs.
La pièce, explique son auteur, contient tout ce qui n'a pas trouvé place dans "Asphalt". Il n'a pas inclus cet "essai poétique" dans le livre, dit-il, "parce que personne n'aurait compris ce dont je parle". Bien vu: même en mise en scène multi-média, riche en musiques, danses et vidéos, "Mycenean" est incompréhensible.
"Qu'est-ce qui vient de se passer?" s'interroge un des personnages à la fin de la pièce. Rêve, réalité, passé, futur? Beaucoup de spectateurs n'ont pas eu la patience d'attendre cette question, et encore moins son éventuelle réponse: ils ont quitté la salle en cours de représentation.
"Il y a absolument une logique", affirme péremptoirement l'auteur, sans vouloir l'expliquer. Peut-être a-t-elle été mise à mal par la réduction de moitié de la durée du spectacle, présenté dans une version de trois heures à CalArts - mais, à Brooklyn, l'heure et demi paraît un interminable catalogue de thèmes dans l'air du temps, en dépit de moments fugitifs où l'on prend la mesure de l'occasion ratée, embourbée dans un magma de concepts accumulés au bazar de l'antique.
With fractured lines, Anish Kapoor's Sky Mirror captures on one side the vibrancy of New York streets, on the other its building reaching for the stars. An easy piece for a city enamoured with itself, and that the Public Art Fund could endorse, and that came with a recognized artistic label that was garanteed to attract private sponsors.

